Genou

Le genou est une structure anatomique qui présente 2 articulations (fémoro-tibial et fémoro-patellaire) et de nombreux ligaments pour stabiliser cette articulation dans les différents plans de l’espace. Il existe 2 grandes de déformations architecturales qui amènent leurs de pathologies.

 

Le génu valgum (également connu sous le nom de « genou cagneux » ou « genou en X ») entraine un désalignement segmentaire avec une désaxation fémoro-tibiale en interne.

Le génu varum est la déformation contraire, on parle souvent de « jambes arquées ». Le désalignement se fait vers l’extérieur et entraine un espace important entre les 2 genoux.

Le patient peut également présenter un genou récurvatum (hyper extension du genou souvent associée à une hyperlaxité ligamentaire) ou un genou flessum (genou constamment fléchit).

  • Pathologies ligamentaires[1]
  • Tendinites[2]
  • Arthroses[3]
  • Lésions méniscales[4]

 

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          1. 1. Pathologies ligamentaires

        Le genou présente le ligament latéral externe, ligament latéral interne, le ligament croisé antérieur, le ligament croisé postérieur et un plan fibreux postérieur. Le tractus ilio-tibial n’est pas un ligament à proprement parlé mais assure également la stabilité latérale du genou. Les ligaments croisés assurent la stabilité antéro-postérieur du genou et leurs ruptures entrainent une vive douleur et une instabilité du genou. Toutes ces structures passives permettent de stabiliser le genou qui subit de fortes contraintes mécaniques notamment pendant le sport.

        • Genu varum

        Le genu varum présente donc une déformation et un désalignement fémoro-tibial externe. Cette désaxation entraine un étirement et des tiraillements du ligament latéral externe, on parle alors de ligamentite.

        Pour traiter cette pathologie il faut corriger le mouvement du genou par une semelle orthopédique en positionnant l’arrière en pronation ce qui induira une rotation interne de la jambe et ramènera le genou dans une position normo axée soulageant le tiraillement ligamentaire.

        • Génu valgum

        Le génu valgum étant la déformation contraire du génu varum nous pouvons donc avoir une souffrance du ligament latéral interne du genou. Cette souffrance est assez rare car le génu valgum est également souvent associée à une hyperlaxité ligamentaire notamment chez les femmes.

        De la même manière il faudra corriger le mouvement du genou par des orthèses plantaires en faisant de la supination de l’arrière pied ce qui induira une rotation externe de la jambe et ramènera le genou dans une position normo axée soulageant le tiraillement ligamentaire.

      • 2. Tendinites

      De nombreux muscles sont mis en cause dans les mouvements de flexion/extension et rotation du genou. Les différentes déformations architecturales évoquées peuvent déclencher des excès de tractions et des tendinopathies.

      • Tendinite rotulienne

      Le tendon rotulien fait partie de l’appareil extenseur du genou incluant également la rotule et le quadriceps. Ce tendon est la terminaison de cet appareil extenseur. On retrouve le plus souvent la douleur sur la pointe de la rotule, on peut aussi avoir une douleur du corps du tendon mais plus rare. Cette pathologie apparaît notamment suite à une activité sportive intense impliquant des sauts ou des mouvements brusques d’extension de la jambe (frappe de balle pour le footballeur ou coup de pied pour sport de combat). Le repos et le glaçage sont les premiers réflexes à adopter.

      En cas déformation architectural du genou l’appareil extenseur du genou subit également un désalignement. Pour le genou on parle souvent d’un angle appelé angle Q qui est l’angle mesurant le nombre de degrés entre le tendon rotulien et l’axe longitudinal de la cuisse, cet angle mesure physiologiquement 15° pour un adulte. Si cet angle augmente (génu valgum) ou diminue (génu varum) les contraintes mécaniques du tendon rotulien sont modifiées et cela peut favoriser les tendinites rotuliennes.

      Il conviendra alors de lutter contre le mouvement de la déformation architecturale du genou par des semelles orthopédiques pour que les contraintes mécaniques subites par le tendon rotulien soient réduites.

      • Syndrome de « l’essuie glace »

      Cette pathologie est une tendinopathie par friction de la bandelette ilio-tibiale. Ce tractus ilio-tibial est le prolongement du deltoïde fessier et du Tenseur du Fascia Lata (TFL), il longe la partie externe de la cuisse et du genou pour se finir sur le haut du tibia (tubercule infra condylaire). Cette bande joue un rôle très important dans la stabilité latérale du genou car elle renforce le rôle du ligament latéral externe.

      Lors de la flexion/extension du genou la bandelette passe d’arrière en avant par rapport au genou.

      En cas de génu varum le genou a une forme convexe en externe, cette convexité entraine un frottement de la bande contre le genou à chaque flexion/extension comme un essuie glace d’où le nom de la pathologie. On retrouve une douleur sur la face externe du genou pouvant irradier vers la hanche.

      Cette pathologie est très fréquente dans la course à pied et le vélo car le geste répété de flexion/extension du genou favorise le conflit.

      Le port de semelles orthopédiques se révèle particulièrement efficace pour cette pathologie, un important élément pronateur sera confectionné entrainant une rotation interne de la jambe et corrigeant le geste du genou. Le conflit étant annulé le sportif pourra reprendre son activité physique habituelle.

      • Tendinopathie des muscles de la « patte d’oie »

      Les muscles de la patte d’oie sont composés de 3 insertions tendineuses en forme de patte d’oie (gracile, sartorius et semi tendineux) sur la partie haute de la face interne du tibia juste en dessous du genou. Ces muscles ont notamment la fonction d’être rotateur interne de jambe.

      Dans le cas d’un génu valgum ou d’un pied valgus important cela entraine une rotation interne de jambe qui déclenche la pathologie par excès de sollicitation de ces insertions tendineuses. On retrouve alors une douleur sous le genou notamment pendant le sport et la montée/descente d’escaliers.

      Pour soulager cette tendinopathie il faudra donc corriger la poussée valgisante du pied et du genou par des semelles orthopédiques pour réduire les contraintes mécaniques et soulager la pathologie.

    • 3. Arthroses

    Dans le genou on rencontre deux grands types d’arthroses : une fémoro-patellaire (syndrome rotulien) et une fémoro-tibiale. Ces arthroses peuvent être extrêmement douloureuse et entrainer sur le long terme une intervention chirurgicale avec mise en place de prothèse. La médecine actuelle propose dans un premier temps des infiltrations de corticoïdes pour soulager la douleur et des injections d’acide hyaluronique pour augmenter la viscosité du liquide synoviale et lubrifier l’articulation du genou.

    Ces arthroses peuvent être dépistées précocement et les lésions cartilagineuses modérées sur le long terme par port de semelles orthopédiques.

    • Syndrome fémoro-patellaire (syndrome rotulien)

    C’est l’arthrose entre le fémur et la rotule. Ce syndrome rotulien se retrouve souvent chez les personnes hyperlaxe et il y a une prépondérance féminine. Cette pathologie est multi factorielle et il existe aussi des dysplasies rotuliennes (malformations).

    Ce syndrome est la grande pathologie arthrosique du génu valgum, la déviation en interne du genou entraine un conflit important entre la rotule et la trochlée fémorale (zone articulaire du fémur répondant à la rotule et recouverte de cartilage). La facette externe de la rotule se retrouve contrainte et il y a une hyperpression entrainant une détérioration du cartilage. Cette pathologie entraine des douleurs très importantes sous la rotule et dans la journée suite à une longue période assise le patient subit un déverrouillage douloureux de cette articulation.

    Cette lésion peut dans certains cas être dépistée pendant l’adolescence notamment chez les adolescents hyperlaxes. Le sujet peut subir des luxations spontanées de la rotule et des blocages réflexes de l’articulation entrainant une chute (signe du dérobement).

    Pour réduire les contraintes mécaniques fémoro-patellaire il faudra corriger le geste du génu valgum par une paire d’orthèse plantaire. En amenant le pied (notamment l’arrière pied) en supination cette correction se propage jusqu’au genou sous forme de rotation externe du membre inférieur permettant à la rotule de rester centrée et annulant le conflit arthrosique.

    • Gonarthrose

    La gonarthrose est la grande pathologie du génu varum et présente une prépondérance masculine. La déformation en varus du genou entraine un bâillement de l’articulation dans sa partie externe et une compression dans sa partie interne, cette compression peut entrainer sur le long terme une arthrose fémoro-tibiale du compartiment interne du genou. Pour le génu valgum c’est le contraire mais l’arthrose du compartiment fémoro-tibiale externe reste assez rare.

    On retrouve donc une surcharge du compartiment interne du genou entrainant une arthrose douloureuse et une impotence fonctionnelle.

    Il est fortement recommandé pour les patients présentant un important génu varum (jambe très arquées) de porter des semelles orthopédiques le plus tôt possible à titre préventif car le genou est une structure fragile et fortement sollicitée pendant la marche et le sport.

    Les semelles orthopédiques amèneront le pied en pronation qui se traduira au niveau de la jambe et du genou par une rotation interne, cette rotation interne permettra de compenser la déformation du genou et soulager la surcharge du compartiment fémoro-tibial interne.

  • 4. Lésions méniscales

Les ménisques (au nombre de 2 : l’interne et l’externe) sont des structure fibro-cartilagineuses intercalées entre le fémur et le tibia. Ces ménisques ont un rôle mécanique important puisqu’ils assurent le bon fonctionnement de l’articulation fémoro-tibiale de part leurs élasticités et leurs capacités à s’adapter aux mouvements du genou. Les ménisques présentent une vascularisation très précaire rendant la cicatrisation d’une lésion très difficile.

Les lésions méniscales peuvent survenir suite à un traumatisme ou à un mouvement forcé du genou. Les déformations architecturales du genou favorisent l’apparition de lésions méniscales. Le traitement de ces lésions sur le long terme est chirurgical.

Le traitement podologique est intéressant dans le cas d’une lésion peu douloureuse ne nécessitant pas de chirurgie ou suite à une ménisectomie arthroscopique (opération consistant à retirer la partie lésée du ménisque et à conserver la partie intacte). Dans les deux cas la semelle orthopédique aura pour objectif de corriger la mécanique du genou pour réduire les contraintes mécaniques.