Pied

On distingue deux grands types de pied structural : le pied creux et le pied plat. Le pied creux présente une cambrure importante tandis que le pied plat est affaissé. Associées à ces déformations architecturales nous pouvons avoir des déviations articulaires en valgus (chute du pied vers l’intérieur) et en varus (soulèvement du bord interne du pied et qui l’amène vers l’extérieur).

 

A noter que l’on peut avoir un pied physiologique avec simplement des déviations articulaires, on parle alors de pied valgus (fréquent) ou de pied varus (rare).

Ces différents types de pied amènent leurs lots de pathologies et de douleurs.

  • Pathologie du 1er rayon[1]
  • Métatarsalgies[2]
  • Plantalgies[3]
  • Talalgies[4]
  • Maladies touchant le pied[5]

 

          • Retour    (↵ returns to text)
            1. 1. Pathologie du 1er rayon

          Ce sont les pathologies intéressant le gros orteil (hallux) et la 1ère articulation métatarso-phalangienne.

          • Hallux Valgus :

          La pathologie la plus connue provoquant une déviation du 1er métatarsien et du gros orteil. On retrouve une bosse à l’avant du bord interne du pied (exostose), cette pathologie a une prédominance féminine et peut engendrer de nombreux problèmes.

          Tout d’abord elle provoque une réaction arthrosique inflammatoire qui peut être très douloureuse, il y a une perte d’amplitude de la 1ère articulation métatarso-phalangienne pouvant être handicapante pour la marche, l’exostose frotte dans la chaussure provoquant une irritation de cette dernière, le 1er métatarsien subit en plus de la déviation une rotation interne rendant le système d’appuie (1ère tête métatarsienne et sésamoïdes) défaillant et douloureux. Ce système d’appuie est vital dans la phase propulsive de la marche, lorsqu’il est défaillant les têtes métatarsiennes voisines se retrouvent très souvent surmenées ce qui provoque des métatarsalgies

          L’origine de cette pathologie est surtout génétique ou dû à des facteurs environnementaux comme un mauvais chaussage ou une surcharge du 1er rayon.

          Le traitement par semelle orthopédique permettra de soulager la douleur d’appuie et de ralentir le processus de déviation en déchargeant la zone. En phase de débutante l’hallux valgus peut également être ralentit par un écarteur à intercaler dans le 1er espace inter métatarsien.

          Pour réduire la déviation et faire disparaître l’exostose le traitement devra être chirurgicale. Le podologue prodiguera également des conseils de chaussage.

          • Hallux Rigidus :

          Cette pathologie présente beaucoup de similarités avec l’hallux valgus, la différence majeure est que celle-ci ne provoque pas de déviation. On retrouve la réaction arthrosique en dorsal ce qui peut également provoquer une exostose appeler le « dorsal bunion ». On retrouve une nette perte de mobilité articulaire et le système d’appuie peut ne plus être fonctionnel et la charge transférée au gros orteil, on parle alors « d’orteil en barquette ».

          Le traitement podologique aura pour objectif de décharger la 1ère tête métatarsienne pour réduire au maximum la sollicitation de cette articulation à la marche.

          • Insuffisance Fonctionnelle du 1er rayon :

          Il s’agit d’une hyper mobilité de la colonne interne du pied (toutes les articulations de la partie interne du pied partant du gros orteil à l’arrière pied). Cette hyper mobilité entraine un défaut d’appuie du 1er métatarsien avec report de charge sur les métatarsiens voisins et donc métatarsalgies. Elle peut aussi se propager au médio pied et provoquer un pied plat valgus.

          Le traitement par orthèse plantaire aura pour objectif de restructurer et redonner appuie à cette colonne interne.

          • Sésamoïdite :

          Les sésamoïdes sont des os situés à la base de la 1ère tête métatarsienne dans l’épaisseur des tendons, ils sont au nombre de deux et sont très important pour la phase propulsive de la marche.

          Différente lésions peuvent atteindre ces sésamoïdes (fracture, nécrose ou tendinite des muscles qui s’insèrent ces os) il conviendra de décharger la zone par semelle orthopédique pour soulager le patient.

        • 2.   Métatarsalgies

        Ce sont des pathologies atteignant l’avant pied en plantaire. Il existe plusieurs types de métatarsalgies mais l’origine est quasiment toujours la même : une insuffisance d’appuie de la 1ère tête métatarsienne lors de la phase digitigrade de la marche entrainant un surmenage des têtes métatarsiennes voisines (notamment la 2ème). Le port de chaussure féminine à talon haut est un facteur aggravant et parfois même déclencheur de métatarsalgies.

        • Durillon :

        La plus fréquente des métatarsalgies, il s’agit d’une fonte du capiton plantaire et une reconstruction par hyperkératose (couche cornée). Ces durillons provoquent des échauffements et des douleurs importantes de l’avant pied. Cette pathologie est majorée par le port de talon haut, dans le cas d’un pied creux la verticalité importante des métatarsiens aggrave le problème d’hyper appuie.

        Dans un premier temps un soin de pédicurie permettra l’ablation de ces durillons en revanche le soulagement ne sera que temporaire car tant que l’hyper appuie n’est pas déchargé la reconstruction de la couche cornée recommencera.

        Une paire de semelle orthopédique de décharge de l’avant pied permettra de soulager l’hyper appuie et donc favorisera une répartition de la charge sur tout l’avant pied.

        Ces orthèses de déchargent prenant peu de place peuvent être aisément glissées dans les escarpins et dans les chaussures fines.

        • Syndrome de Morton :

        C’est une pathologie atteignant le nerf digital, ce nerf se retrouve pris entre deux ligaments (le ligament inter métatarsien et le ligament transverse superficiel) et comprimé entrainant une douleur sous forme de spasme très violente avec impression de « coup de couteau » dans le pied avec fourmillement dans les orteils, on parle alors de crise paroxystique.

        Cette pathologie atteint le plus souvent le 2ème ou 3ème espace inter métatarsien et entraine une perte de sensibilité des faces latérales des orteils concernés. Une bursite peut y être associée, on notera alors une nette divergence des orteils.

        Cette atteinte est également dû à un problème d’hyper appuie favorisant la compression du nerf, l’hallux valgus est un facteur aggravant du Morton.

        Une paire de semelles orthopédiques de décharge de l’avant pied permettra de soulager l’hyper appuie et donc de réduire la compression du nerf, la douleur disparaitra et la sensibilité des orteils sera retrouvée.

        • Syndrome d’instabilité du 2ème rayon :

        Il s’agit d’une pathologie atteignant la capsule de l’articulation métatarso-phalangienne du 2ème, 3ème ou 4ème orteil. L’origine provient toujours d’un surmenage des têtes métatarsiennes moyennes, on notera souvent la présence d’une griffe d’orteil associée à l’hyper appuie. On retrouve une rétraction de la capsule en plantaire et un étirement en dorsal, cette pathologie est douloureuse et la griffe peut être plus ou moins importante (légère griffe pouvant aller jusqu’à la subluxation complète de l’articulation métatarso-phalangienne).

        La paire d’orthèse plantaire aura pour objectif de décharger une nouvelle fois l’hyper appuie de l’avant pied permettant à l’articulation douloureuse de ne plus être sollicitée.

        • Fracture de fatigue :

        Suite à un hyper appuie et à une hyper sollicitation des métatarsiens moyens une fracture de fatigue peut survenir, elle atteint le plus souvent le col du 2èmemétatarsien. Les microtraumatismes répétés sur le métatarsien atteint amène la fracture de fatigue, elle est fréquent chez les adultes sportifs jeunes et chez certains patients suite à une activité inhabituelle entrainant un effort répété un surmenage de la 2ème tête métatarsienne (danse en talon ou randonné).

        L’orthèse plantaire déchargera totalement l’avant pied permettant une cicatrisation de la lésion et une disparition de la douleur d’appuie.

      • 3.   Plantalgies

      Ce sont les pathologies et les atteintes de la plante du pied et du médio pied. Ces douleurs peuvent rapidement devenir très handicapantes dans le quotidien du patient. A la différence des métatarsalgies les plantalgies sont favorisées par le port de chaussure plate.

      • Aponévrosite plantaire :

      L’aponévrosite est la plantalgie la plus fréquemment rencontré en podologie, il s’agit d’une inflammation de l’aponévrose plantaire. Cette inflammation est en rapport avec un excès de traction de l’aponévrose qui  est « le dernier maillon » de la chaîne musculaire postérieure comprenant le triceps sural (muscle du mollet), le tendon d’Achille et donc l’aponévrose plantaire ; on parle également de système suro-achiléo-calcanéo plantaire (SACP).

      Un excès de traction de ce système par effondrement du médio pied (pied plat ou pied valgus) ou part verticalisation de l’arrière pied (pied creux) peut déclencher cette pathologie.

      L’aponévrose plantaire a un rôle extrêmement important car elle présente un nombre important d’insertions musculaires et à la marche elle permet au pied de rester compact et de restituer l’énergie nécessaire au bon déroulement du pas.

      Une tendinopathie du long fléchisseur de l’hallux peut être associée à cette aponévrosite, on parle alors de myo-aponévrosite plantaire.

      Le traitement par semelles orthopédiques consistera à réduire cette excès de traction en soutenant l’arche plantaire (ou voute plantaire) et en réduisant la course du système suro-achiléo-calcanéo plantaire en ajoutant une talonnette.

      • Tendinopathie du tibial postérieur :

      Le tibial postérieur (jambier postérieur) est un muscle dont l’insertion distale se situe au milieu de la face interne du pied sur l’os naviculaire (scaphoïde tarsien). Ce muscle (principal inverseur du pied) a un rôle très important pour le pied, il est dit « anti-valgus » et contrôle le rabattement du pied lors de la marche.

      S’il y a affaissement du médio pied (pied plat, pied valgus ou pied plat valgus) le tibial postérieur se retrouve en excès de traction excentrique entrainant la tendinite de ce dernier. La douleur peut donc soit se trouver soit à l’insertion sur l’os naviculaire soit être de trajet sous et derrière la malléole interne.

      Les orthèses plantaires auront pour objectif de corriger le trouble statique du pied (plat ou valgus) en soutenant l’arche et en faisant de la supination du pied permettant de soulager l’excès de travail du tibial postérieur.

      • Synostose du tarse :

      Il s’agit d’une fusion osseuse de un voir plusieurs os du tarse. Ces fusions sont d’abord fibreuses ou cartilagineuses puis deviennent osseuses. Les ponts osseux alors formés entrainent une raideur importante du pied et des contractures musculaires douloureuses (notamment des fibulaires). La synostose entraine souvent un pied plat, on parle alors de pied plat contracturé.

      Le rôle des semelles orthopédiques sera de soulager les contractures musculaires liées à la fusion osseuse en recrutant des articulations encore mobiles, en revanche elles ne pourront pas corriger les troubles statiques qui sont fixés par les ponts osseux. Des myorelaxants pourront être associés au traitement par orthèses plantaires, dans des cas graves une botte plâtrée de décharge soulagera le patient. Le traitement peut également être chirurgical par résection des ponts osseux.

    • 4.   Talalgie

    Ce sont les pathologies atteignant l’arrière pied et le talon. Ces douleurs sont très invalidantes pour le patient.

    • Enthésopathie infra-calcanéenne :

    Cette pathologie est due à un excès de traction de l’aponévrose plantaire et présente le même mécanisme lésionnel que l’aponévrosite plantaire. L’enthésopathie infra-calcanéenne est par ailleurs souvent associée à l’aponévrosite plantaire.

    On retrouve la douleur sous le talon dans la partie antéro-interne, cette zone (environ 2 cm en avant de l’insertion proximal de l’aponévrose) présente des micro-ruptures dues à l’excès de traction.

    Cette pathologie est également connue sous le nom « d’épine calcanéenne », lors d’un cliché radiographique de profil du pied on peut observer au niveau de la zone où les micro-ruptures ont lieu une calcification qui prend la forme d’une épine. Cette épine n’est qu’une conséquence de la pathologie et n’est pas à l’origine de la douleur, elle n’est pas forcément toujours présente.

    Le traitement par semelles orthopédiques sera le même que pour l’aponévrosite plantaire  (réduire l’excès de traction du système suro-achilléo-calcanéo plantaire) et la talonnette devra comporter un évidement en regard de la zone douloureuse où se produisent les lésions.

    • Tendinopathie d’Achille :

    La tendinite d’Achille est une des plus fréquemment rencontrées notamment chez les sportifs (sprinter et sport de sauts). Il faut comprendre le tendon d’Achille d’un point de vue biomécanique comme faisant partie intégrante du système suro-achilléo-calcanéo plantaire décrit précédemment. Le tendon d’Achille est la terminaison des muscles du mollet (triceps sural) dont les deux grandes fonctions sont de contrôlée l’avancée de la jambe sur le pied (sensibilité proprioceptive du soléaire) et d’assurée la phase propulsive de la marche en décollant le talon lors de la phase digitigrade. Le tendon d’Achille souffre s’il y a une hypo-extensibilité tricipitale (manque d’élasticité du triceps sural) ou un excès de traction du système suro-achilléo-calcanéo plantaire.

    Il existe deux grands types de tendinopathies d’Achille, elle siège soit au niveau du corps de tendon avec possibilité de nodules cicatriciels (en forme de noyau de cerise) soit à l’insertion distale du tendon c’est-à-dire à l’arrière du calcanéus (os du talon) dans sa partie basse.

    C’est une pathologie à ne surtout pas négliger car non traitée elle peut aboutir à une rupture du tendon d’Achille dont le traitement est la chirurgie orthopédique.

    Le traitement podologique se révèle particulièrement efficace, il suffit de réduire la course musculaire du triceps sural par une talonnette tout en luttant contre l’excès de traction du système suro-achilléo-calcanéo plantaire.

    En complément du traitement par semelles orthopédiques le patient devra veiller à observer une période de repos et s’étirer correctement, en phase douloureuse l’utilisation de glace sur le tendon est recommandée.

    On  peut également avoir une bursite pré-achilléenne (inflammation de la bourse séreuse en arrière du tendon d’Achille) associée à la tendinopathie.

    • Talonnade du sportif :

    Il s’agit d’une souffrance des tissus qui enveloppent le calcanéus, on retrouve une douleur en couronne sur le pourtour du talon. Cette pathologie fait suite à des sports impliquant des sauts à répétitions (volley, basket etc…) et peut être associée à une bursite de la bourse séreuse de Lenoir (bourse sous calcanéenne).

    Une paire d’orthèses plantaires avec talonnettes amortissantes soulagera le patient.

    • Fracture de fatigue du calcanéus :

    Le calcanéus suite à des contraintes répétées ou à un traumatisme peut présenter une fracture de fatigue. La douleur apparaît immédiatement à l’appuie et devient très rapidement insupportable pour le patient réduisant énormément le périmètre de marche.

    L’idéal pour que la fracture se consolide et l’os cicatrise serait de passer environ 50 jours en béquille d’après de nombreux spécialistes en orthopédie, le port de béquille pendant une période aussi longue étant difficilement applicable à l’activité d’un patient il est possible d’obtenir un compromis par les semelles orthopédiques.

    Suite à une période d’environ 3 semaines en béquille il est alors possible de confectionner une paire d’orthèses plantaires avec des matériaux absorbant les chocs et les contraintes mécaniques ce qui favorisera la consolidation osseuse.

    Le calcanéus peut également présenter des fractures plus importantes notamment suite à une chute d’une certaine hauteur avec réception sur les talons (fracture de « l’amant surpris »), le traitement se fait par botte plâtrée, rééducation puis semelles orthopédiques.

    • Syndrome du canal tarsien :

    Le canal tarsien est un canal ostéo fibreux situé sous la malléole interne. Ce canal est un véritable défilé anatomique dans lequel on retrouve de nombreux tendons, artère et nerf.

    Le syndrome du canal tarsien survient suite à une poussée valgisante du médio-arrière pied entrainant une compression de ce canal et notamment du nerf tibial.

    On retrouve une douleur lors de la percussion du canal tarsien par marteau réflexe, des sensations de picotements dans les 2ème et 3ème orteils et le test clinique le plus révélateur consiste de demander au patient d’essayer d’attraper une feuille de papier avec son gros orteil (le grasping) suite à la compression du nerf tibial nous avons une parésie du court fléchisseur de l’hallux rendant la tache très ardue pour le patient.

    Pour traiter cette pathologie il faudra confectionner des orthèses plantaires corrigeant le valgus du médio-arrière pied ce qui réduire l’excès de contraintes dans le canal tarsien.

  • 5.   Maladie touchant le pied

Plusieurs pathologies notamment rhumatismales peuvent atteindre le pied, certaines douleurs au pied peuvent être inaugurales d’une pathologie.

  • Polyarthrite Rhumatoïde :

C’est une pathologie rhumatismale auto immune entrainant des arthrites inflammatoires douloureuses, bilatérales et symétriques. Ces arthrites débutent souvent aux extrémités. Dans 25% des cas elle débute par une atteinte des 4ème et 5ème articulations métatarso-phalangienne. Sur le long terme le pied et notamment les orteils auront tendance à se déformer et s’orienter vers l’extérieur (« coupe de vent fibulaire »).

  • Spondylarthrite ankylosante :

Cette pathologie rhumatismale inflammatoire touche surtout le squelette axial (notamment rachis et bassin). Sur le moyen terme on observera fréquemment dans cette maladie une atteinte du talon, on parle alors de talalgie inflammatoire. Ces talalgies sont très douloureuses et d’horaire plutôt nocturne avec un long dérouillage matinal. La douleur dans ce cas là n’est pas proportionnelle au périmètre de marche.

  • Rhumatisme psoriasique :

Le psoriasis est une maladie dermatologique érythémato-squameuse d’origine plus ou moins inconnu qui peut entrainer d’intense démangeaison. Une partie de la population psoriasique souffrira de rhumatisme psoriasique. Cette pathologie peut soit être très ressemblante à la spondylarthrite ankylosante soit à la polyarthrite rhumatoïde avec une atteinte des extrémités et gonflement des articulations (orteils en saucisse).

  • La goutte :

C’est une pathologie métabolique liée à une déficience du métabolisme de l’acide urique. Elle est souvent associée à un non respect des règles hygiéno-diététiques de bases, elle apparaît souvent chez un homme pléthorique (surpoids et forte consommation d’alcool). La goutte se manifeste le plus souvent par une importante arthrite de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil, le frottement du drap étant même insupportable sur le gros orteil.

  • Chondrocalcinose articulaire :

Egalement une pathologie métabolique à la différence que celle-ci libère un dépôt de cristaux de calcium dans le cartilage de l’articulation. Les symptômes cliniques sont très similaires à la goutte (on appelle cette pathologie pseudo-goutte par ailleurs) à la différence qu’elle n’est pas liée à un manquement aux règles hygiéno-diététiques de bases. Cette pathologie a une prédominance féminine et est souvent liée à l’hyper-parathyroïdisme.

  • Le diabète

Le diabète entraine de nombreuses complications vasculaires, neurologiques et articulaires notamment au niveau du pied. Au niveau vasculaire les artères peuvent être obstruées par des plaques d’athéromes (dépôt lipidique) augmentant les risques d’AVC et d’infarctus. Ce trouble vasculaire altère également fortement la cicatrisation, il est donc nécessaire que les patients diabétiques disposent d’un suivit podologique régulier pour pouvoir dépister les plaies ou les risques de plaies.

On observe également des neuropathies dont la plus fréquente est la perte de sensibilité superficielle du pied, associé aux troubles de la cicatrisation si une plaie n’est pas détectée par le patient elle peut s’infecter et se transformer en mal perforant plantaire dont le traitement est très compliqué et nécessite des soins hospitaliers, ce mal perforant plantaire peut conduire à une gangrène et à l’amputation.

Une autre conséquence moins connue  concerne les articulations du pied, en effet la mauvaise vascularisation et différents troubles neurologiques entrainent une altération de la structure osseuse du pied. Le pied peut s’effondrer (pied plat de Charcot) et entrainer des souffrances de certaines articulations et d’autres troubles musculo-squelettique.

Les troubles listés ci-dessus sont traités par des soins de pédicuries réguliers et des paires de semelles orthopédiques permettant de répartir uniformément les charges sous le pied (diminue le risque de lésions) et de lutter contre les déformations articulaires.

  • Syndrome algo-neuro-dystrophique (SAND) :

Le SAND est un Syndrome douloureux vasomoteur trophique lié à une perturbation du système nerveux végétatif, l’origine est souvent traumatique. Cette pathologie se découpe en 3 phases. Une phase chaude douloureuse avec un pied inflammé et oedémacié pouvant durer de quelques jours à plusieurs mois. Une phase froide où les douleurs disparaissent le pied prend un aspect cyanosé. Une phase de séquelle faisant suite aux 2 précédentes où l’on peut avoir des déformations et une perte d’autonomie. Une paire de semelle orthopédiques sera alors nécessaire pour corriger ces troubles et redonner une certaine autonomie au patient.