Le syndrome de l’essuie glace

Les beaux jours sont revenus et beaucoup de sportifs vont en profiter pour se remettre en forme à travers la course à pied, le vélo ou la randonner. Ce fameux syndrome de l’essuieglace guette beaucoup de sportifs et surtout les coureurs à pied, cette pathologie peut être très douloureuse et nettement vous ralentir dans votre programme sportif.

 

 

  • Qu’entraine un syndrome de l’essuie glace ?

Cette pathologie débute par une douleur à type de brûlure situé sur la partie externe du genou, elle commence souvent pendant un effort sportif de manière insidieuse et la douleur va augmenter jusqu’à entrainer une boiterie voir l’arrêt de l’effort. La douleur peut irradier jusque dans la hanche. Le mal persiste ensuite pendant 2 ou 3 jours et est aggravé en descente et dans les escaliers. Par la suite à chaque fois que le sujet reprendra une activité sportive la douleur réapparaitra plus rapidement et de manière plus intense.

  • Quelle structure anatomique souffre ?

La structure douloureuse se nomme la bandelette ilio-tibiale. Cette lame fibreuse prend naissance sur la partie externe de la hanche (elle est le prolongement du deltoïde fessier), elle longe la partie externe de la cuisse et vient se terminer sur la partie supéro-externe du tibia (tubercule infracondyllaire ou de Gerdy). Cette bandelette ilio-tibiale a un rôle de stabilisateur latéral dans la biomécanique du genou, elle devient un véritable ligament actif du genou pendant la course et la marche.

  • Mécanisme de la pathologie

La douleur est le résultat du frottement de la bandelette contre le condyle externe du genou, on parle alors de tendinite par friction. Le conflit a lieu pendant le mouvement de flexion/extension du genou, en effet lorsque le genou est en extension la bandelette est en avant du condyle externe du genou et lors de la flexion cette même bandelette passe en arrière. A chaque passage de la bandelette d’avant en arrière il y a une friction qui déclenche la pathologie, le frottement est répété à chaque mouvement de flexion/extension comme un essuie glace d’où le nom de la pathologie.

  • Les facteurs favorisants

Dans les cas les plus classiques le patient présente un génu varum (genoux qui partent vers l’extérieur connu sous le nom de jambes arquées) et un pied creux. Le génu varum entraine une convexité externe du genou ce qui favorise le frottement de la bandelette contre le condyle, le pied creux étant un pied instable et ayant une surface portante réduite bascule en supination lors de la frappe du talon au sol ce qui entraine une accentuation du geste du génu varum.

Un autre type de déformation architecturale peut entrainer le syndrome de l’essuie glace mais ces cas sont moins fréquent. En cas de pied valgus (pied hyper pronateur dans le jargon du sport) la bandelette ilio-tibiale de part son trajet oblique en bas et un peu en dedans et sa terminaison sur le tubercule infracondyllaire se retrouve plaquée contre le condyle externe du genou à cause de la rotation interne mécanique du tibia associée à la poussée valgisante du pied.

Dans les cas où le génu varum est associé à un pied valgus on retrouve une douleur exquise en cas de syndrome de l’essuie glace à cause du frottement accrue de la bandelette de part la convexité externe du genou et la rotation interne mécanique du tibia.

  • Traitement

Le traitement doit être avant tout podologique, il est très efficace et rapide. Les étirements, thérapies manuelles ou toutes autres manipulations ne suffisent pas à traiter la cause du problème. Les paires semelles orthopédiques vont permettre de corriger le geste du genou, du pied ou les deux. Le patient devra observer une période de repos variant de 2 à 3 semaines puis pourra retourner courir sans douleurs avec ses semelles orthopédiques.

Dans les cas de douleur très aigue associée à une bursite un médecin pourra faire une infiltration de corticoïde pour soulager le sujet.

Daniel BENJAMIN

Podologue

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